Développer son imaginaire

En effet, ce projet “Un objet fait de sons” a sollicité de nombreuses compétences artistiques. Guillaume Batista, intervenant extérieur, et nos deux professeurs d’éducation musicale et d’arts plastiques nous ont guidé tout au long des étapes du projet. Guillaume, plasticien, nous a, tout d’abord, présenté son univers : son travail, sa démarche, ses projets et ses partenaires. Inspiré de la culture skateboard et des musiques électroniques, il pratique ces disciplines depuis une vingtaine d’années et n’a de cesse de multiplier les ponts entre celles-ci.

Notre point de départ a été l’évocation de bruits dans un environnement, un lieu, une certaine atmosphère. Puis, nous avons dû trouver les mots pour décrire des sensations, des ambiances… Adjectifs, verbes, se sont matérialisés sous forme d’esquisses qui sont devenus des dessins. Les formes sur papier ont évolué en formes “plastiques” : avec la récolte, par les élèves de la classe, d’objets de récupération, nous avons réussi à faire des sculptures.

Et enfin chaque groupe a décrit, d’une façon poétique, son “oeuvre”. Cette classe, un peu particulière, a été intéressante. Pendant deux jours, il a fallut sans cesse trouver des idées, des moyens techniques pour fabriquer, pour réussir ce que nous avions projeté. Parfois, nous recommencions ou cherchions de nouvelles idées, de nouvelles stratégies. Un vrai travail d’équipe. Un vrai travail d’artiste !

Ecriture collective, classe de 5ème D.

Une pièce de théâtre … revisite l’Histoire. 

«Parle à la poussière» est une pièce que nous, les élèves de 5ème D, sommes allés voir, toujours dans le cadre du projet Classe à PAC. Au fur et à mesure de la pièce, la scène de forme biscornue est décomposée par les acteurs, tous habillés en bleu. La pièce parle de Ana et Pier, parents qui se séparent après une dispute et de leur fille, triste, qui en profite pour enchaîner les caprices. La mère, Ana, est reporter et doit partir en voyage au Japon, dans la région de Kansaï pour prendre des photos d’un parc d’attraction abandonné. Durant son voyage, des choses étranges se produisent à la maison. La fillette qui a entendu parler d’une légende japonaise, construit des grues en papier en pensant très fort à son vœu. Pendant ce temps, Ana voit apparaître le fantôme de Sadako, qui survécut à une bombe, mais qui dut subir des radiations et un cancer. La famille pratiquement détruite tente de comprendre la guerre. Le fantôme de Sadako l’explique alors à Ana, qui se transforme en feuille de papier, ce qui permet à la fillette de construire sa millième grue. Le vœu de la petite fille se réalise car sa mère rentre à la maison. J’ai trouvé cette pièce difficile à comprendre, et donc à raconter. Mais la complexité apporte aussi un certain plaisir. 

 Emilie, classe de 5ème D. 

 

  

Un même thème : la différence

Trois façons de le décliner

C’est le principe de la classe à PAC : l’interdisciplinarité. L’aboutissement : une chorégraphie. Suivons les étapes de ce projet qui s’est déroulé tout au long de l’année avec les professeurs d’éducation physique, de français et d’histoire. Avec ce dernier et dans le cadre du cours d’Enseignement Moral et Civique, nous avons réfléchi sur ce qu’était la discrimination et sous quelle forme se traduisait le harcèlement. Nous « collons » parfois des étiquettes aux gens sans même les connaitre. Il est important d’essayer de comprendre ce que cela fait de se sentir différent. Le jeu du « Nez rouge » nous a aidé. Il s’agit de se mettre dans la peau de la victime. Ce dispositif a pour objectif d’aider les jeunes à exprimer leurs émotions, développer une réflexion critique et être capable d’écoute et d’empathie.

Un spectacle, à St Pée sur Nivelle, a prolongé ce travail : « John Tammet » par le Théâtre Delle Briciole. John Tammet n’est pas sot. Il est même un génie des mathématiques atteint du syndrome d’Asperger. Cette forme d’autisme lui rend difficile notre emploi du langage. Il ne peut pas comprendre que quelqu’un soit mort de rire par exemple. Sur scène, John Tammet se raconte, tout en dialoguant avec son ami imaginaire ; il interpelle le public aussi, le prenant parfois à parti, d’une manière toujours désopilante. Il se dévoile et nous transforme, parce qu’au terme d’un tel spectacle, on sort forcément « différent ».

Il y a eu aussi : « ArthaLa » avec la chorégraphe Pantxika Telleria.

« Entre le sac et le ressac des vagues sous la digue de l’Artha, elle interroge, avec ses danseurs, le droit au départ. S’amarrer, s’échapper sont la matrice du mouvement avec lequel les cinq interprètes dessinent ce chœur du chant des possibles qu’offre la mer. Sur cette digue éprouvée depuis toujours, protégée des assauts et point de mire de l’horizon, sa danse regarde le monde et l’interpelle. »

C’est de danse, aussi, qu’il s’agit, avec le professeur d’EPS. L’élément déclencheur a été l’exploitation de mots exprimant le handicap, la notion de victime… Par groupe de quatre élèves, nous représentons ces verbes, ces adjectifs, sous forme de gestes, de pas, de sauts, de postures… Une intervenante extérieure nous a enseignés des bases chorégraphiques pour que l’on apprenne à communiquer avec le corps, nos sentiments.

Des vexations, des humiliations, c’est ce que supporte le personnage principal de « La cicatrice », livre étudié en cours de français. L’enfant au bec de lièvre, souffre au collège, dans sa classe. Impuissant, il transforme sa souffrance en agressivité…

Ce projet traite d’un thème qui nous touche au quotidien, soit au collège, soit dans l’actualité. Il est important de prendre du temps pour y réfléchir.

Lorea, Maddi, Eneida et Swann, classe de 5ème C.

Explorer le monde … le regard des artistes 

Dans le cadre de notre projet Classe à PAC, nous, élèves de 5ème B, avons visité une exposition à La Villa Beatrix Enea à Anglet. Cette exposition, intitulée : « Vaste monde » était répartie sur quatre salles. Dans la première salle, Louisa Raddatz a utilisé de la végétation de son jardin, recouverte de latex noir et accrochée au plafond par de nombreux fils. Trois œuvres, crées par deux artistes différents, occupaient une deuxième salle. Lionel Scoccimaro, qui aime beaucoup le skate et le surf, s’est inspiré de ces deux passions pour créer. D’une part, des lamelles de bois vernies et assemblées forment une « bosse » et d’autre part, un cube en bois, peint en blanc, avec des bûches de bois vernis. L’oeuvre de Rachel Labastie se nomme «Instable». L’artiste a fait des avants-bras, sculptés et liés entre eux. Les avants-bras en marbre noir et marbre blanc ont été sculptés à la main, et ceux en verre ont été moulés.

Dans la troisième salle, il y avait des œuvres, crées par trois artistes différents. Nicolas Delprat a fait un tableau noir sur lequel se détache une forme qu’il a ensuite colorée avec des couleurs fluo. Grégory Cuquel a fait un dessin en deux parties : il a commencé par faire une grille sur un immense tableau qui faisait la taille du mur. Ensuite, il a fait des formes avec des bouts de papier qu’il a récupérés, et il a dessiné dessus des parties d’objets ou de personnages. Laurent Terras a fait des bidons d’essence et d’huile en plâtre blanc. Christophe Doucet, dans la quatrième salle, exposait des sculptures représentant des animaux : des totems en bois, des masques en forme d’animaux, que nous avons pu essayer, c’était très amusant. Il a aussi fait un grand masque, toujours en bois mais cette fois-ci il était virtuel, il y avait installé un ressort accroché au plafond pour que tout le monde puisse l’essayer. On y voyait le point de vue des animaux.

Un dernier artiste, Thomas Lanfranchi, a utilisé le stylo bic pour dessiner sur des enveloppes de tailles différentes. On voyait même les timbres et le prénom des destinataires.

C’était bien une exposition pour nous faire découvrir le monde… celui des artistes !

Alice, Emma , Hélène, Iñaki et Jone, classe de 5ème B. 

« Habiter mon collège … y laisser une trace. »

Puis, est venu le temps de la réalisation au collège. Une fresque. Ce fut notre projet dans le deuxième volet de notre classe à PAC. D’abord, bien maîtriser les formes géométriques : carrés, ronds, triangles et cercles sont tracés, en cours de mathématiques, avec le plus grand soin. La venue de l’intervenant extérieur donne une tournure artistique à toutes ces lignes et ces ronds. Nous découvrons Kandinsky. L’art abstrait. Nous observons. Nous comprenons… A nous d’essayer, sur papier, de tracer, d’associer formes et couleurs. Et toujours, Michaël est là pour nous guider, nous faire avancer, nous faire progresser. Nous composons. Et un jour, Michaël nous fait découvrir, grâce à un logiciel, la production finale. Le travail, au départ, individuel a évolué en groupes de quatre ou cinq élèves pour devenir collectif. Nous devons maintenant apprendre les techniques qui vont nous permettre de reproduire un dessin virtuel en une fresque, sur un mur de la cour du collège. Le résultat est très satisfaisant. Nous somme fiers de nous !

Ihintza et Emma, classe de 5ème B

 

Le « bien-être en images » …

« Le bien-être en images » … c’est le thème de notre classe à PAC en 5ème A. Un projet pour sensibiliser à une meilleure alimentation. Comme toujours dans ces projets, nous accueillons un ou une intervenante dans la classe. Judith commence par nous faire réfléchir sur la notion de « Bien manger » et « Mal manger ». Et nous associons à ces notions, du vocabulaire, que nous classons. Des groupes d’élèves se constituent et choisissent des groupes de mots, qui seront le point de départ de nos futures productions. La première consiste à fabriquer une ‘’affiche’’ qui représente les mots de la colonne « Bien manger », pour inciter les gens à manger de bonnes choses. Des papiers publicitaires alimentaires, représentant par exemple des fruits et des légumes, ont été découpés pour créer une composition. Il était aussi possible d’assembler des lettres découpées pour former des mots ou des phrases. Le fond de l’affiche était d’une couleur unie, ainsi, l’essentiel était mis en valeur.

Une seconde affiche consistait à créer une image sur la mal nutrition en utilisant une certaine technique utilisant un jus d’épinard. Les feuilles de la plante, découpées en petits morceaux puis broyées, sont pressées pour obtenir un jus. Étalé sur une feuille, ce jus a séché à l’ombre. Pendant ce temps, avec un scalpel, nous avons découpé des formes dans des emballages alimentaires, représentant des aliments mauvais pour la santé. Servant de pochoirs, ces formes ont été recouvertes du jus d’épinard. Le soleil a fait le reste…

La dernière production était une sorte de suite de la première affiche. On utilisait cette fois-ci un nouveau support : la gelli plate. Nous prenions de la peinture de plusieurs couleurs et l’étalions sur la gelli plate. Ensuite, nous placions une feuille sur la gelli plate et cela faisait une sorte de peinture sur la feuille. Nous avons refait l’opération, cette fois, avec les photocopies de nos affiches imprimées à l’imprimante laser. Cela donnait de très beaux résultats. Pour finir, on a affiché toutes nos « œuvres » éphémères dans le self du collège. Dans cette classe à PAC, ma préférence a été pour la deuxième œuvre car la fabrication a été plus ludique. Un projet très original !

Léopold, élève de 5ème A.